Disons d’abord, fait Cheri Alexander, en se dénouant la gorge, que la plupart des naturistes
s’habillent lorsque c’est pratique de le faire et qu’ils se dévêtent dès lors que c’est possible…
La première fois que j’ai réalisé que quelque chose comme le naturisme existait, ajoute Horge
des Caraïbes, c’était à l’âge de six ans, lorsque ma sœur et moi avions à aller à l’école
et que maman nous a acheté des vêtements…
Exact, dit Richard West, il y a plusieurs années, j’étais dans une piscine publique.
Un petit garçon décida d’enlever son maillot de bain. Cela embarrassa sa mère qui tentait de
le lui remettre, malgré les gémissements de l’enfant qui, de toute évidence, ne le voulait pas
du tout. C’est ça le naturisme, purement et simplement.
Si nous observons correctement, enchaîne Felicario, l’être humain n’est jamais laid,
qu’il soit petit ou grand, gras ou maigre, jeune, mature ou âgé.
Quelque chose de mystérieux et beau se met à exister lorsque nous sommes tous nus
dans une relation d’égalité en présence de Mère-Nature.
Le naturisme, précise F. Gomez, est une forme de thérapie sexuelle qui fait en sorte que
vous êtes ramené à vous-même comme entité vivante quand, avec la pratique de la nudité,
vous cessez de craindre d’être surexcité par la vision des corps dénudés.
En effet, ajoute Fray Nicola Giandoménico, le fait de porter un bikini ne fait pas de quelqu’un
un saint. Quelqu’un peut très bien être complètement vêtu de vêtements chics et esthétiques
et offenser, voire blesser ou tyraniser les gens qui l’entourent ; un autre humain peut être
tout à fait nu et n’offenser personne. La réciproque est aussi vraie.
Alors, questionne M. Romano, nous disons que c’est parce que nous ne souffrons pas
d’étroitesse d’esprit que nous osons montrer, ou regarder à la télévision, des guerres,
des meurtres, des scènes de viols, mais nous ne nous permettons pas que se manifeste
une des plus belles créations dans l’Univers, le corps humain dans sa forme la plus naturelle.
Sommes nous vraiment ouverts d’esprit ?
En fait, enchaîne Pépé Lopez, toute personne qui se dévêt accède à un niveau jusque là
inconnu d’expérience. Il faut avoir partagé un lunch près d’autres corps nus pour constater
que notre sensibilité aux autres augmente et donc en même temps notre respect mutuel.
En effet, ajoute Carlos Mo, l’expérience du naturisme vous apprend à porter un regard prudent;
moi, je plaide pour un regard calme qui sait qu’il suffit pour observer la nudité humaine de porter
un regard avisé, comme si c’était vous-même que vous regardiez en vérité.
Dans la même ligne d’idée, dit Juan Polainogante, j’ajouterais que pour faire valoir notre
droit au naturisme, il faut d’abord être convaincu soi-même que le droit à la nudité est moral,
éthique et légitime. Malheureusement, il y a beaucoup de gens, et même parmi les naturistes,
lorsqu’ils se dévêtent, qui se sentent complexés et honteux, comme s’ils étaient en voie de
faire quelque chose de mauvais, ou de mal vu.
Ce qui est important à saisir ici, ajoute Fernando, c’est que le naturisme est un mouvement
né en Occident et qu’il est nettement occidental. Il existe en opposition au textilisme obligatoire
qui nous oblige à nous dissimuler devant les autres et devant nous-même.
C’est une forme de rébellion, un geste moral dans beaucoup de cas, devant une morale
imposée et malsaine. Le naturisme ne peut pas exister plus loin que là où la dissimulation
du corps a été rendue obligatoire et imposée.
C’est vrai, enchaîne Vadim Nzhavanadze, le débat actuel sur le fait de se dénuder,
qui existe dans les pays développés à travers le monde, montre de toute évidence que
le dénuement naturel et sociétal est une manifestation de notre liberté propre.
Or, la liberté a toujours été une des grandes valeurs pour lesquelles nous avons combattu
en tant que naturistes et personnes humaines. Ainsi, en examinant le problème du droit
à se dévêtir, nous examinons en même temps le problème de notre liberté propre.
Je veux dire ici quelque chose, enchaîne Nuria Aragon, le naturisme n’est pas seulement
quelque chose de matériel, un jeu de vêtement ou de non vêtement, d’esthétique de noir
ou de pâle, une question d’alimentation ou de purification, de confort et de simplicité.
Le naturisme va beaucoup plus loin que ces considérations superficielles.
Quand tu assimileras le naturisme dans tes habitudes de vie, avec lui tu assimileras
une manière de voir avec intégrité, une franchise envers l’autre, une façon simple
de montrer qui tu es, une manière de te connaître, de t’accepter et de t’aimer jusque
dans les recoins les plus dissimulés de ton physique et de ton être.
Peu à peu tu sens en toi se délier tes complexes et tu commences à avoir une attitude
plus ouverte envers la vie, moins de dogmes, moins de méfiances et moins de tabous inutiles dans
tes croyances. Peu à peu, tu apprends à voir au-delà de ce qui est physique superficiel et banal.
En effet, acquiesce Galvez Canero, la nudité dans un milieu naturel s’intègre harmonieusement
à l’environnement et ne doit jamais faire honte, parce que, précisément, elle est aussi quelque
chose de naturel qui en soit n’est ni moral ni immoral, mais un état... naturel.
En fait, on doit jauger les naturistes fondamentalement en tant que personnes et ainsi être
d’abord attentif à leur esprit et à leur cœur.
Je suis d’accord, ajoute Pepe Devesa, je crois que pour pouvoir espérer être 'étiqueté'
naturiste accompli, il suffit de rencontrer deux simples conditions :
1- être libre de décider de se dévêtir
2- se dénuder vraiment.
Parce que, ajoute Arturo, le naturisme est humilité, parce qu’il est acceptation de soi-même.
C’est vrai, ajoute Gendarme Patin, un des grands empêchements pour la normalisation
du naturisme dans nos sociétés vient du fait que parmi les naturistes eux-mêmes, il s’en trouve
plusieurs qui ne ressentent pas encore le naturisme comme une chose saine et normale.
Moi, je suis étonné, dit Jezouille, que toutes les choses et créatures de la nature sont nues, sauf
l’humain, qui lui , curieusement, est le seul qui soit résolument engagé dans son auto-destruction.
Curieux en effet, commente Vadim Mzhavanardze. Est-ce que c’est notre corps nu qui
demande la protection d’un maillot de bain sur la plage ?
Bonne question, dit Javier Sedano, je suis naturiste parce que mon corps le demande
et que mon âme l’exige. Mais parfois le climat et souvent la société m’obligent.
On touche ici à une chose importante, insiste Xouba, je crois que tous et toutes nous
savons comment, quand, où et sous quelles conditions nous pouvons manifester notre
condition de naturiste, notre condition politique, notre condition sexuelle, notre condition
religieuse. Et si nous plaidons pour la liberté et savons mieux que quiconque ce qu’est la
sensation de liberté que procure l’expérience du naturisme, nous devons faire droit de toute
liberté aux camarades afin qu’ils décident de l’opportunité et de la manière de vivre le naturisme.
Il faut pouvoir en parler, ajoute Pepe Lopez, nous avons emmagasiné trop de tabous
qui nous empêchent d’être naturiste en toute éthique et respect pour le corps humain.
Chaque femme, chaque homme avance vers son harmonie intégrale en rencontrant des
difficultés. Parfois j’avance, parfois je recule, parfois je croule, mais toujours quand j’ose
de nouveau me dévêtir dans un lieu approprié, quelqu’un d’autre perd un préjugé.
C’est bien vrai, dit Laurindo Correia, beaucoup pratiquent le naturisme pour vaincre
leur timidité, mais c’est aussi comme une manière de s’affranchir de l’ignorance,
de l’exhibitionnisme, du voyeurisme, de l’intolérance et de l’hypocrisie de la morale en vigueur.
C’est le même désir d’affranchissement qui fait que le naturisme s’engage pour la liberté des peuples,
les droits humains, la défense des milieux environnementaux et la préservation de la nature.
J’ajouterais, dit D. Lazano, que le véritable naturiste est celui qui ose mettre son esprit tout à fait à nu.
Oui, dit Courteous Luis, mettez d’abord votre corps à nu, votre pensée suivra et par la suite votre esprit.
En souriant, Michelangelo dit : Le pied est plus noble que le soulier, n’est-ce pas ?
La peau est plus belle que le vêtement qui l’enveloppe...
Pour demeurer dans l’humour de Michel, F. Rodriguez propose : pour voir si dans un
petit groupe il est possible de changer des opinions, faire la proposition suivante :
-on va tous nus à la plage ou à la piscine ?
Je voudrais préciser, dit Jesus Iglesias, c’est légal d’être naturiste ;
c’est légal de pratiquer le naturisme dans un espace public ainsi que dans nos propriétés privées ;
mais pratiquer le naturisme a un coût social, parce qu’il est objet de discrimination.
Donc, chacun doit décider dans quelle mesure il est disposé à accepter la pression sociale
et dans quelle mesure il se sent confortable de subir de la discrimination.
Mais, indépendamment du fait que nous cédions à cette répression imposée,
ce que nous devons avoir présent clairement à l’esprit, c’est l’état de la situation
dans laquelle nous sommes réellement objet de discrimination (la situation objective et
son impact sur nous), c'est-à-dire notre perspective actuelle; et d’autre part, déterminer
notre horizon, obtenir en pratiquant le naturisme, une plus grande acceptation et une plus petite
discrimination, c'est-à-dire notre prospective pour le futur plus ou moins immédiat.
Il y a un fondement à cela, ajoute A. Galvez, lorsque le corps devient conscient de sa peau,
de ses muscles, de ses articulations, de sa respiration, des sons qui heurtent son tympan et des
images extérieures qui envahissent son cerveau, lorsque le regard sait qu’il voit en l’autre le vivant
enchantement du geste, alors, il sait que le mouvement spontané va naître en lui et que ce mouvement
intérieur va le transformer en l’améliorant comme être humain jusqu’à sa racine la plus profonde.
Moi, ajoute Alpaca Patin, parfois j’arrête de penser en moi, alors je ne peux éviter d’être
étonné du corps humain. Le corps humain est fascinant. Comment quelqu’un peut-il en arriver
à penser qu’une personne humaine doive avoir honte de son corps, comme si cela allait de soi ?
Le salaire gagné est de savoir trouver la joie tout en gardant mémoire que tout ce que nous
avons subi comme préjudices accumulés depuis le Moyen Âge est une raison sidérale de se
sentir fier. Que jamais l’ignorance ne se laisse tenter de nous enlever cela !
Et Sedano ajoute: je ne sais pas si ce seront les années, l’expérience acquise ou la liberté
obtenue qui vont faire que je me sens bien d’être nu, en contact avec la nature, mais chaque
jour je suis plus convaincu, que je sois nu ou habillé, d’être un actif dans la société.
Nous, ajoutent tour à tour Mayca et Pep, nous avons toujours pensé que le naturisme est une
des choses les plus simples qui existe, l’état d’un individu qui accepte l’autre tel qu’il est, le fait
de présenter aux autres notre nudité comme un geste d’humilité, sûrement d’égalité envers les
autres, parce que nus, nous sommes identiques, sans différence de classe, unitaires, en ce sens
qu’aux différents moments où nous sommes nus, nous devenons plus humains, plus nobles,
plus transparents. Notre innocence est retrouvée lorsque nous nous réjouissons d’être nus en
groupe avec les autres. Peut-être que notre dignité humaine s’en trouve renforcée lorsque nous
partageons notre nudité ensemble.
En effet, enchaîne une personne qui dit représenter la Fédération française de Naturisme,
être naturiste, c’est la forme la plus simple de l’être humain.
C’est ce que je crois, dit Esteban Jareno, un naturiste, c’est celui qui est capable de se dévêtir
afin que deviennent limpides son corps, sa pensée et son esprit.
Manière de dire qu’on ne se dévêt pas n’ importe où, n’importe quand, mais tout simplement
lorsque l’expression de sa vérité devient la chose la plus belle et incontournable du moment présent,
ajoute C. Langdown...
Moi, enchaîne Esteban Jareno, j’aimerais mettre une touche d’humour.
Les gens qui sont contre le naturisme ne le savent peut-être pas, mais sous leurs multiples
couches de vêtements, eux aussi, ils sont nus.
Xouba sourit et ajoute : Le naturisme, c’est la libération du corps, la libération de l’âme ; c'est comme
marcher sur l’eau ; c’est comme flotter dans l’air et vaincre la loi de la gravité qui existe dans l’humanité.
Et Vero Capado ajoute : La gravité, c’est cette chose trop sérieuse en nous qui oublie de vivre
et qui ne s’intéresse qu’à la question de la mort ; quand on pratique le naturisme,
on la sent chez les autres et on la touche en nous cette extrême fragilité de l’existence,
et on ressent alors l’urgent besoin d’en prendre soin et de ne plus blesser quiconque.
Mon ami, ajoute Lucas enflammé en s’adressant à un personnage imaginaire devant lui,
quand je t’aurai plongé tout à fait dans la philosophie naturiste, tu ne seras même plus
capable de rebrousser chemin, pas plus qu’une hirondelle après avoir quitté sa cage ne
tient à y retourner pour s’y enfermer.
Moi, s’enhardit Ismaël Rodrigo en guise de conclusion, je ne connais personne qui a osé
enlever un costume qui signifiait le bannissement, et qui après avoir connu
la liberté s’en est de nouveau revêtu par la suite.
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